Aider les femmes victimes de violence

Si la parole tend à se libérer autour des violences faites aux femmes, les chiffres demeurent terribles :

Les violences conjugales

En 2019 :

  • 146 femmes ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire
  • 27 hommes ont été tués par leur partenaire ou ex-partenaire
  • 25 enfants mineurs sont décédés, tués par un de leurs parents dans un contexte de violences au sein du couple.

84 % des morts au sein du couple sont des femmes. Parmi les femmes tuées par leur conjoint, 41 % étaient victimes de violences antérieures de la part de leur compagnon. Par ailleurs, parmi les 21 femmes ayant tué leur partenaire, 11 d’entre elles avaient déjà été victimes de violences de la part de leur partenaire, soit 52 %.

En moyenne, le nombre de femmes âgées de 18 à 75 ans qui, au cours d’une année, sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles commises par leur conjoint ou ex-conjoint, est estimé à 213 000 femmes.

L’auteur de ces violences est le mari, le concubin, le pacsé, le petit-ami, ancien ou actuel, cohabitant ou non.

  • 7 femmes victimes sur 10 déclarent avoir subi des faits répétés
  • 8 femmes victimes sur 10 déclarent avoir également été soumises à des atteintes psychologiques ou des agressions verbales.

Parmi ces femmes victimes, 18% déclarent avoir déposé une plainte en gendarmerie ou en commissariat de police suite à ces violences.

 

Les violences sexuelles

En 2019 :

En moyenne, le nombre de femmes âgées de 18 à 75 ans qui au cours d’une année sont victimes de viols et/ou de tentatives de viol est estimé à 94 000 femmes. De la même manière que pour les chiffres des violences au sein du couple présentés ci-dessus, il s’agit d’une estimation minimale.

Dans 91% des cas, ces agressions ont été perpétrées par une personne connue de la victime. Dans 47 % des cas, c’est le conjoint ou l’ex-conjoint qui est l’auteur des faits.

L’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, mobilisé dans la lutte contre les violences faites aux femmes, participe aux travaux de la mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof).

Il est ressorti de ces rencontres successives un certain nombre d’outils permettant aux kinésithérapeutes d’apporter une aide pertinente, efficace et respectueuse de la déontologie aux femmes victimes de violences.

 

Les écrits professionnels : modèle de certificats médicaux et attestations

La femme victime de violences, lorsqu’elle engage des démarches administratives et/ou judiciaires a besoin de fournir des éléments probants pour faire valoir ses droits et obtenir une mesure de protection.

C’est pourquoi lorsqu’il est sollicité, le kinésithérapeute doit établir à la demande de la femme victime un certificat médical ou une attestation.

En rédigeant ce certificat médical ou cette attestation, il contribue à accompagner la victime dans ses démarches vers l’autonomie. Ce document écrit représente un des éléments objectifs sur lequel l’autorité judiciaire pourra s’appuyer pour décider des suites à donner et notamment prononcer des mesures de protection et engager des poursuites contre l’agresseur.

Afin de pouvoir compléter ce certificat médical ou cette attestation le plus complètement possible, il est donc important que lors de chaque entretien ou rencontre, certains éléments soient clairement et précisément mentionnés dans le dossier de suivi.

Il est important de respecter certaines règles qui sont prescrites par les organes et instances professionnelles dans le respect de la législation et réglementation en vigueur.

L’original sera remis à la victime et le double sera conservé par la professionnelle ou le professionnel.

Vous trouverez un modèle de certificat médical initial et notice explicative sur cette page. Vous pouvez également compulser ce document : https://www.ordremk.fr/wp-content/uploads/2020/11/notice.pdf

 

Une journée de formation pour les formateurs

La loi n° 2014-873 du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes fixe notamment l’obligation d’intégrer dans la formation initiale et continue de certains professionnels des modules sur les violences intrafamiliales et faites aux femmes. A cet égard, la MIPROF souhaite organiser une journée de formation aux formateurs qui enseignent ces modules au sein de tous les IFMK de France.

Dans ce cadre, une journée de formation se déroulera le 21 octobre 2021. Elle accueillera un formateur pour chaque IFMK de France,  5 personnes de la FNEK, des formateurs en formation continue et quelques représentants syndicaux de masseurs-kinésithérapeutes libéraux et salariés.

 

Un kit de formation 

À télécharger sur le site https://arretonslesviolences.gouv.fr/ , ce  kit de formation constitue une ressource pour les formateurs et formatrices sur ce sujet. Il doit permettre à l’agent ou l’agente d’accueil de mieux comprendre et appréhender la spécificité des situations des femmes victimes de violences au sein du couple et ainsi adapter leurs pratiques professionnelles pour une meilleure intervention auprès des victimes.

2 clips pédagogiques composent ce kit, dont celui intitulé « Accueillir et orienter une femme majeure victime de violences au sein du couple » est visionnable ici.